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Toulouse : y aura-t-il un (vrai) TGV à Matabiau ?
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15 mars 2017 - La Dépêche

Le TGV l'Océane lors de son inauguration à la gare Matabiau. Photo DDM / F. Charmeux

Le TGV l'Océane lors de son inauguration à la gare Matabiau. Photo DDM / F. Charmeux

Malgré un avis défavorable de la commission d'enquête publique, le gouvernement a revalidé fin 2015 le grand projet ferroviaire du sud-ouest (GPSO). Mais avec quels financements ?

C'est un paradoxe à la mode toulousaine. Alors que la métropole s'apprête à divulguer le nom du lauréat qui construira la tour géante censée dominer le futur quartier Matabiau, en bordure du canal, il n'est pas encore certain que le TGV qui mettrait Paris à un peu plus de 3 heures de Toulouse entre en gare. C'était pourtant autour de l'arrivée de la ligne en grande vitesse (LGV) qu'a été conçu le nouveau visage de ce qui doit devenir le grand quartier d'affaires de l'agglomération. Sauf que le dossier n'est pas simple. Malgré une mobilisation sans faille, toutes obédiences politiques confondues, des élus territoriaux, l'horizon de l'ouverture de la liaison Toulouse-Bordeaux recule sans cesse. Un vrai serpent de mer apparu au début des années 2000, quand on nous vendait la LGV pour. 2014 . Là où il est aujourd'hui question (au mieux) de 2024. Et ce ne sont pas les déclarations de Guillaume Pepy, le président de la SNCF, au micro de France Inter, la semaine dernière, qui sont à même de rassurer les partisans du rail. Celui-ci a laissé entendre que le chantier du tronçon Tours-Bordeaux, dont l'exploitation commerciale commencera en juillet prochain, serait... le dernier du genre. Avouant implicitement que son prolongement vers la Ville rose avait du plomb dans l'aile. «Nous ne sommes pas décisionnaires, ce sont l'État et les collectivités locales», s'empresse, après coup, de rectifier le service communication de la SNCF. Mais l'épisode nourrit un peu plus, s'il en était besoin, le flou qui entoure toujours le projet et surtout son financement. Il est vrai que l'expérience bordelaise a douché quelque peu les enthousiasmes, quant au choix de l'association public-privé pour payer un tronçon, qui va, in fine, faire allègrement grimper le prix du billet. Ce modèle peut-il être reconduit entre Toulouse et Bordeaux ? Vues les sommes en question, il va bien falloir trouver l'argent quelque part. Après avoir été estimé à 7 puis 8 milliards, le devis pointe maintenant à plus de 9 milliards. À tel point que des parlementaires, huit sénateurs de droite et de gauche, ont demandé, en septembre dernier, le gel du projet, dont le coût est jugé excessif», en considérant que la construction de la ligne «mérite d'être différée, à tout le moins pendant une quinzaine d'années». On en est là, alors que cette année 2017 devrait voir aboutir, sur le papier, le protocole de financement de la LGV Bordeaux-Toulouse, auquel travaille la région, la métropole et le département avec Alain Vidalies, secrétaire d'État chargé des Transports, mais plus pour longtemps. Une certitude, sans engagement fort de l'État, rien ne se fera. Et le moment tombe fort mal. Il ne vous a pas échappé que l'année était très électorale. Et que le sujet pourrait ne pas être une priorité.

 

Paris à 4 heures en juillet..

Et si on se contentait de ça ? ça ? Le trajet en 4 heures et 8 minutes, précisément, qui nous est promis dès le mois de juillet prochain pour rallier Paris, via la LGV océane, qui mettra la capitale à deux heures de Bordeaux. Au regard des investissements colossaux qui sont envisagés avec la prolongation de la LGV vers la Ville rose, pour gagner au final une heure de mieux, de plus en plus de responsables se demandent si le jeu en vaut la chandelle. Même si les élus locaux n'en démordent pas. «Nous devons faire aboutir la construction de la grande vitesse dans le Sud-Ouest européen, plaide Carole Delga, la présidente de la région Occitanie, pour rendre notre territoire encore plus attractif, dynamique, au service de l'emploi et de l'ensemble de nos concitoyens. Nous ne pouvons plus faire marche arrière». Quant à Georges Méric le président du conseil départemental de la Haute-Garonne, il souligne que «le montage juridique et financier de la LGV Bordeaux-Toulouse doit être précisé afin d'être crédible et soutenable pour l'ensemble des parties prenantes. Celui de la section Tours-Bordeaux a montré ses limites, c'est un constat partagé par tous les acteurs. Toutes les pistes de financement doivent être étudiées».

 SERGE BARDY

 
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