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Un viaduc de deux kilomètres au-dessus de leur château
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22 novembre 2021 - Sud Ouest 

LGV en Lot-et-Garonne : un viaduc de deux kilomètres au-dessus de leur château

Françoise et Xavier de La Raitrie, Jacques Dousset (à gauche) et Charles d’Huyvetter (second plan)© Crédit photo : Loïc Déquier / “SUD OUEST”

 

 

Le GPSO prévoit un ouvrage de près de 70 mètres de haut devant le château des La Raitrie, membres actifs au sein de Très Grande Vigilance en Albret, une des premières associations d’opposants

Jeudi soir dernier, ils devaient se retrouver dans la salle des fêtes de Feugarolles pour l’assemblée générale de leur association Très Grande Vigilance en Albret. En attendant, en ce matin du 18 novembre, c’est dans l’office du château de Trenquelléon, inscrit depuis le douzième siècle au patrimoine de la famille Batz, qu’ils recevaient. Françoise, la descendante, est installée ici avec son époux Xavier de La Raitrie, économiste de formation, conseiller municipal et, lui aussi, opposant à la ligne à grande vitesse.

Devant l’âtre crépitant, Charles d’Huyvetter et Jacques Dousset complètent cet attelage associatif dont l’engagement a une origine commune : la ligne doit traverser leurs terres. Et chez les La Raitrie, c’est même une provocation à la douce beauté de ce paysage que le projet lance. Entre le château et le clocher du village, à un kilomètre à vol d’oiseau, le tracé propose de dérouler un viaduc de 1,8 km de long et de 68 mètres à hauteur de caténaire pour relier deux coteaux.

Pour voir l'interview par Sud Ouest : cliquez  Interview avec les propriétaires du Chateau de Trenquelléon

Le plus haut, le plus beau…

« Le château est classé. Le pigeonnier aussi. La ligne devrait passer à 500 mètres. Mais cela reviendrait à la faire passer sur le village. Alors ils veulent la faire faire chez nous », se désole le couple à la perspective de cet ouvrage pharaonique. Pour atténuer la douleur, SNCF Réseau n’a pas lésiné sur les arguments. « On nous a parlé d’un viaduc d’une beauté pareille à celui de Millau, et qu’il s’agira de l’ouvrage ferroviaire le plus haut et le plus long d’Europe. » Un boniment que le couple rejette.

« Ici ou ailleurs, nous n’en voulons pas. Pas seulement pour nous, puisque nous ne sommes que de passage. Mais parce que ce projet est désuet et dépassé. La LGV, c’est une cicatrice territoriale sur 100 mètres de large. Une catastrophe. Une ville intermédiaire comme Agen n’a rien à gagner. Au contraire. Et il ne faut pas nous prendre pour des châtelains recroquevillés sur la protection de leurs intérêts. Notre patrimoine, nous l’ouvrons régulièrement au public », assènent les propriétaires de Trenquelléon où s’est marié, avec la nièce de Françoise, l’actuel ministre Br

Réveillés par Castex

Feugarolles, en matière de contestation à la LGV, c’est un peu le siège social pour le Lot-et-Garonne. Une résistance incarnée par quelques figures locales parmi lesquelles Charles d’Huyvetter, président de TGV en Albret, et Jacques Dousset. « Cela fait douze ans que cela dure. Au total, on a dépensé 40 000 euros en recours et frais d’avocats. Depuis l’élection de Macron et ses déclarations sur les projets ferroviaires, on ronronnait. Castex nous a réveillés avec ses 4 milliards. »

On dit qu’il y a des solutions autres que ce projet inutile pour obtenir des résultats sensiblement identiques.

D’autres élus d’Occitanie ont titillé ces Lot-et-Garonnais. « Delga veut la LGV pour gagner une heure. On dit qu’il y a des solutions autres que ce projet inutile pour obtenir des résultats sensiblement identiques », rappelle Charles d’Huyvetter avant de récuser le qualificatif d’anti. « On ne s’oppose pas seulement, on propose. On propose de moderniser la ligne actuelle. Ce qui coûterait 4 milliards contre les 14,5 annoncés pour le GPSO et permettrait de gagner 40 minutes de temps sur Bordeaux-Toulouse. On ne va pas engager 10 milliards et ruiner un paysage pour 20 minutes ! Si les Toulousains veulent aller plus vite à Paris, qu’ils empruntent le POLT. »

Le viaduc doit relier deux coteauxLe viaduc doit relier deux coteaux

Loïc Déquier / “SUD OUEST”
 
 

Tournés vers le 13 décembre

Ce message, les opposants à la LGV le répètent à l’envi depuis que le Premier ministre a remis la machine sur les rails. Et depuis cet automne, ils parsèment le calendrier de rendez-vous manifestants, comme pour paver le chemin jusqu’au vote du 13 décembre au Conseil régional. « Nous avons aussi les oreilles tendues vers le Conseil départemental de Gironde et le vote de ce lundi. Les élus vont-ils s’opposer au financement, comme ceux de Lot-et-Garonne ? Quoi qu’il se passe, le combat ne sera pas terminé. »

Avec la taxe spéciale d’équipement qui vient d’être validée et qui concerne les personnes habitant à moins d’une heure de voiture d’une gare, la gronde devrait s’amplifier

Ils sont 600 à avoir embarqué dans TGV en Albret. « Ici, tout le monde n’est pas contre. C’est une question d’attachement à cette terre. Beaucoup sont résignés, pensent que cela va se faire. Nous pensons le contraire. Les élus se joignent à nous. Dans les communes, au Conseil départemental. Les mots du maire de Bordeaux nous ont aussi réjouis. Et avec la taxe spéciale d’équipement qui vient d’être validée et qui concerne les personnes habitant à moins d’une heure de voiture d’une gare, la gronde devrait encore s’amplifier, » veut croire d’Huyvetter.

Une gare est inscrite dans la DUP (déclaration d’utilité publique). Elle sera à Sainte-Colombe-en-Bruilhois, près d’Agen. Mais les diverses et récentes interventions laissent entendre que son maintien pourrait être finalement conditionné à l’engagement financier des collectivités locales.

 
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