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Le TGV : vache à lait de la SNCF et vache sacrée des technocrates
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27 décembre 2013 - Boulevard Voltaire

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La baisse de fréquentation inquiète la SNCF. Les billets sont trop chers et les usagers préfèrent le covoiturage ou l'avion à bas coût.

Que n’en ai-je entendu, des cocoricos sur les records de vitesse, le schéma directeur en toile d’araignée, beau comme la ligne Maginot, et les 3 heures pour atteindre son chez-soi du Luberon ou de l’île de Ré.

Le constat est accablant. Nous savions depuis l’été que le TGV demande trop de capitaux et que la plupart des voies nouvelles projetées ne seront pas réalisées. Une dette insurmontable s’accroissant de 1,5 milliard par an. Des choix de lignes au bon plaisir des élus locaux et des bobos parisiens en mal de RTT. Des retombées nulles pour les régions traversées, à part l’immobilier qui flambe.

Maintenant, la baisse de fréquentation des lignes existantes inquiète la SNCF. Les billets sont trop chers et les usagers préfèrent le covoiturage ou l’avion à bas coût. Les cadres refusent de se laisser traire et vont moins en première. Ni les billets promotionnels à 30 € ni les rames Ouigo ne résoudront la question de fond : hors les lignes initiales, le réseau TGV, de par ses énormes coûts de construction et d’entretien, ne sera jamais rentable.

La catastrophe de Brétigny est intervenue, comme un signal, après la décision de refusionner la SNCF et Réseau ferré de France et le virage à 180º visant à rattraper trente ans d’impéritie : les TER refilés aux régions, le tout TGV eut pour contrepartie la grande misère de lignes secondaires vétustes, saturées, dangereuses.

Il faut avoir fait l’expérience des gares TGV au milieu des champs de betteraves, des voyages interminables en Corail ou du trajet à pied entre gare de l’Est et gare du Nord, ou avoir pendulé dans les RER bondés et mal famés pour comprendre qu’a été perdue la seule bataille de la vitesse qui compte : celle de l’interconnection, comme la DB Bahn l’a compris en Allemagne.

Il n’est jusqu’aux choix erronés de matériel roulant ou de réservation qui ne sacrifièrent à la gloriole de la grande vitesse pour laquelle l’usager paye un prix exorbitant. Le maquis de la tarification est une insulte au principe d’égalité devant les services publics. Sans compter que le contribuable continue à payer la retraite des cheminots et les pertes de RFF.

Le TVG fut la vache à lait d’une SNCF en situation de monopole et la vache sacrée de technocrates prompts à sacrifier sur l’autel de la gloire nationale, dontConcorde, le Rafale et le tout nucléaire furent aussi des avatars : exploit technologique à la rentabilité incertaine quand ils ne tournent pas au désastre commercial.

Le TGV national va rejoindre la liste des « accidents industriels » dont notre pays est coutumier, payés avec l’argent public, ce que nos colbertistes font mine d’oublier : Boussac, Usinor-Sacilor, Bull, Pechiney, Crédit lyonnais, Dexia. Le constat est sans appel : polytechniciens et énarques, tout à leur rêve de grandeur, sont fâchés avec le calcul. Quand technologie et succès commercial sont au rendez-vous (Airbus, Ariane, Thalys, Eurostar), le gros bon sens de leurs partenaires européens doit avoir tempéré leurs envolées épiques.

Les relations incestueuses entre l’État et les anciens monopoles publics et privés se font au détriment de la concurrence et nourrissent la corruption. Le peuple français écrasé sous les impôts finira par se déciller, aujourd’hui comme au temps de Colbert.

 
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